Et si la plus grande menace pesant sur les médias était le changement d'époque ? En effet, depuis 2004, nous sommes entrés dans ce que certains analys

Et si la plus grande menace pesant sur les médias était le changement d’époque ? En effet, depuis 2004, nous sommes entrés dans ce que certains analystes américains appellent l’ère post-vérité ou l’ère post-factuelle. Ces deux expressions sont utilisées pour décrire l’évolution des interactions entre la politique et les médias pendant le XXIe siècle.

Fin de l’information venant d’un seul canal

L’utilisation massive des blogs et des médias sociaux a fini par générer une culture politique dans laquelle les débats sont presque exclusivement dirigés vers l’émotion. Il faut mettre en colère, faire pleurer, mais pas forcément, voire pas du tout dire la vérité. De nombreuses personnalités politiques ont fait un usage important d’éléments de langage pouvant créer l’émotion tout en ignorant volontairement les faits et la nécessité de dire la vérité ou de fournir un contexte permettant de comprendre les faits présentés. Cette façon de procéder évite d’argumenter pour convaincre les électeurs potentiels.

Les groupes de mots « ère post-vérité » et « ère post-factuelle » commencent à être fréquemment évoquées en Angleterre dès 2016, lors des campagnes électorales du référendum pour ou contre la sortie de l’Union Européenne.

Ces expressions sont employées pour décrire les campagnes électorales en Grande-Bretagne, aux États-Unis, en Australie, en Inde et dans tous les pays où l’information en continu s’est considérablement développée. Il a fini par se créer un équilibre factice entre les médias « classiques » et les médias « sociaux ». Depuis 2017 ces deux groupes de mots (ère post-vérité et ère post-factuelle) sont entrés dans deux dictionnaires français Petit Larousse et le Robert illustré.

Post-vérité : quel pays va le plus loin ?

Selon le journal « Nouvel Économiste » la Russie est le pays qui a le plus progressé dans le concept de post-vérité. L’usage de ces outils a été fait en politique étrangère et en politique intérieure. Cette vision ne fait pas l’unanimité, car aux États-Unis en 2017 le phénomène de « post-vérité » impliquant la méfiance par rapport au contenu diffusé par tous les médias est fréquemment exprimé lors des manifestations. Cette méfiance est parfois accompagnée de contestation totale sans qu’il soit donné un élément de preuve contraire aux faits contestés s’applique autant à la presse écrite qu’aux autres formes de presse,

Les anglo-saxons estiment que l’ère de la post-vérité a une origine quasi exclusivement politique. Mais les autres pays considèrent que ce phénomène s’étend bien au-delà de la sphère politique. Il se manifeste par exemple : dans l’industrie avec la falsification volontaire des informations mises à la disposition du public. De nombreux scandales tels que celui des consommations en carburant des véhicules automobiles et de la pollution réelle des voitures semblent attester que le phénomène de la post-vérité ne se limite pas à la politique.